Je cherche un endroit plus sûr où j'établirai ma névrose. Dès que j'aurai un peu de temps, peut être à la fin de la semaine. Peut être après.
Il me faut de nouvelles pages pour m'essayer à de nouveaux ressentis, en espérant que ça soit aussi simple.
J'ai trop honte à revoir sans arrêt ces rubriques qui me renvoient à ce passé pas si lointain et bien trop proche. Il faut que je m'en éloigne.
Comme si changer d'adresse pouvait faire quelque chose à 2 ans et demi.
J'ai eu besoin d'y voir enfin plus clair. Je le déplore puisque j'aurai pu vivre avec mes illusions. J'aurai du? J'aurai pu.
J'avoue que ça m'a fait mal, mal et peur. J'ai sur réagis comme à chaque fois, je commence à comprendre ces mécanismes. Mais quoiqu’il se passe, quoi que j'apprenne, tu restes un ami que j'aime.
Je continuerai à t'inclure dans mes prières quotidiennes parce que tu es toujours le même, altruiste, drôle, brillant, fin.
Je pourrais reprendre la métaphore de l'iceberg et sa face immergée, vu mon goût inné pour le drame, façon Titanic. Ce serait une erreur, parce que je me suis toujours voilé la face à grands
coups de lyrisme et de tragédie et de destins contrariés. Mes pulsions morbides inassouvies que je porte en bandoulière, mes aspirations catastrophistes...
Je m'en fous, ce que je veux maintenant c'est être ton amie. J'en serai plus qu'honorée. Je ne sais pas comment je pourrai faire, je sais que tu m'aimes bien, mais j'ai peur que tu me
catalogues.
Je sais que je t'ai parlé pour être sûre que tu étais le même, c'était puérile, mais après un tel choc il fallait que j'en prenne conscience. Tu es toujours le même, et j'en suis heureuse.
Tu m'as dit que c'était gentil, ce que je t'avais envoyé. J'ai envie de te protéger, te t'aider mais il faudrait que tu te laisses approcher un peu, et je te promets de ne pas ricaner, de ne pas
faire d'ironie à deux francs et d'écouter. Cette semaine a été longue pour moi, je n'ai pas su sortir ce surplus salé par la voie oculaire, alors je l'écris, peut être sera-ce plus net
après?
Si tu ouvres une brèche, je saurai y faire, je te promets d'être une autre.
J'ai vomis. Je sais que c'est l'angoisse qui me rend malade. Qu'est ce que j'y peux, si ça me plait de détruire comme une ado? J'ai pas grandi sur tous les plans.
Je sais tout maintenant; j'ai toujours su que je saurai tout sur toi. Je suis triste je n'arrive pas à pleurer, je suis en colère je n'arrive pas à te détester je t'aime tu comprends, je me fous
de ça. Je suis déçue, mais je ne peux pas te mépriser. Je suis trompée mais mes joues restent sèches. Tu sais ce qu'il vient de se produire? On vient de me sectionner un câble quelque part dans
le palpitant. Couic, plus rien, c'est anesthésié, un nerf coupé, voilà ce qu'elle m'a fait cette nouvelle.
C'est plein à l'intérieur, mais on a coupé la connexion avec l'extérieur. Je t'aime connard, je t'ai aimé de toutes les fibres de mon ridicule corps. Chaque jour je me suis levée pour toi.
Tu es toujours mon ami, celui qui me fera rire rien qu'avec un geste. Tu me fais un trou, la, tu vois? La balle, c'est toi, tu as cramé deux trois organes vitaux sur ton passage, sans t'en rendre
compte. Tu es toujours celui qui est bienveillant à mon égard, plein de politesses et de délicatesses.
Je crois qu'il me faut du temps pour réfléchir, parce que deux ans viennent de sauter sans préavis d'expulsion, et que je n'ai pas l'habitude de ce rythme. Maintenant je t'aime vraiment comme un
frère, mais j'ai l'impression d'avoir pris un train dans la tronche et que j'ai pas digéré le choc. Haha et comme de juste, je vomis, ou je ne mange pas assez. Tu parles d'ironie, Freud.
Je suis désolée d'être blessante, j'ai juste l'impression qu'on vient de m'arracher un petit bout d'un organe douloureux. Laisse moi réfléchir un peu. Je reviendrai.
Je n’arrive à manger que lorsque je suis heureuse. Sinon je vomis, je boude la nourriture comme un vieux chien prostré.
Quand j’ai peur, quand je suis triste, quand je pense que je t’ennuie, je ne peux rien avaler de solide. Je me souviens de mon anniversaire. Tu ne sais pas comme j’ai eu peur. Je leur ai tous
menti ; j’ai vomi, j’ai maigri, je parlais à peine et chaque mot me coûtais si cher pour les rassurer.
Je t’ai cru mort. N’est-ce pas une horrible idée ?
Maintenant c’est fini, je regarde tout ceci de loin. C’est vrai que j’ai été bête. Mais si la situation se reproduisait, je suis certaine que j’irai lentement aux toilettes, que je relèverai la
cuvette et mes cheveux et que je vomirai consciencieusement tout ce qui se trouve dans mes viscères.
Il n’y a pas un soir où je m’endors sans penser à toi. Tu es cette idée apaisante que j’aime caresser avant d’achever une journée.
A l’inverse, je me nourris de ta présence, et tant pis si tu m’interromps pendant que je mange, je me régalerai de toi.
Les pantalons tombent, je n’ose plus me peser, les ceintures sont trop grandes pour servir à quelque chose.
Je refuse de regarder cette estimation chiffrée de ma personne, mon poids. Je l’emmerde, je ne meurs pas de faim. Mon problème n’est pas mon corps, mais ma tête. Je ne suis pas anorexique, je ne
suis pas mutilatrice, je ne suis pas suicidaire, je ne suis pas accro à mes névroses, je ne suis pas sereine. Ou alors si, je suis tout ça à la fois.
Ma vie est tournée vers l'amour, sa quête, son don.
Celui de ma famille, celui de mes amis/pour mes amis, l'amour de ce que j'étudie, l'amour universel selon un idéal d'amour universel.
Et Lui? L'amour de ses névroses multiples, j'aime son intelligence, sa bonté franche, son tact, son corps, son écriture, son humour. J'aime son nez étrange, j'aime ses chemises, j'aime sa folie
douce, sa fraîcheur. J'aime sa sagesse et ses belles mains. J'aime ses colères, ses prises de positions, j'aime sa fêlure, j'aime ses chaussures. Sa veine mauve près de son oeil, son grain de
beauté. J'aime sa pudeur et aussi ses ceintures. Sa rapidité et son caractère volcanique. J'aime savoir qu'il est bienveillant à mon égard et j'aime le fait qu'il déteste le contact physique.
J'aime sa simplicité, j'aime ses fesses, j'aime sa bouche tordue.
Mais Lui? Et Lui dans tout ça? Je l'aime?
C'est immoral, c'est amoral, c'est quasi pervers, c'est mal.
J'ai toujours été franche, comme tu sais. Sauf pour mes sentiments, c'est la clause que je ne t'ai pas énoncé, l'astérisque en bas du contrat que tu crois avoir signé avec moi; je t'arnaque.
Je ne mens pas, sauf pour "ça". "Ca", personne ne le sait, ni ne le saura. "Ca" c'est la seule chose que je peux garder pour moi sans que ça ne me dévore complètement,
même si j'en ai vomis quelques fois.
"Ca" reste donc secret, mais à quel prix?
Je ne veux rien dire, rien à vous confesser de savoureux, humains.
"Ca" ne se monnaye pas. Et "ça" me passera.
Rassurée. Gelée certes mais rassurée de savoir que j'ai toujours cet ami avec moi. Avant tout ma crainte était de perdre cet ami. Je me suis sentie bien seule un instant je dois l'avouer.
"Un seul être vous manque..."
Tu es là, tout va bien. Je suis heureuse.
Hess, j'ai rangé tous mes cris de tristesse dans des enveloppes kraft, par rubriques.
Tout est dedans, plié. La pile mesurait 7 cm de hauteur. Je l'ai écrasée avec mon poing: 5 cm d'épaisseur, pas moins. Voilà la hauteur incompressible de ma névrose en 2 ans.
Alors même s'il y a 7 cm, et que l'on peut se figurer que je suis une simulatrice, quand on écrase le tas, il reste 5 cm qui témoignent de mes hurlements en 2D. De ces 5 cm, les 3/4 t'en incombent,
je suis désolée.
Les 3/4 sont mièvres, désastreux, tièdes, clichés, pathétiques, pleurnicheurs. 1/4 a peut être échappé à ces adjectifs, mais il n'en reste pas moins médiocre. 7 cm dans 5 enveloppes.
Je cherche à ranger des choses mais je n'ose pas fermer les enveloppes. J'ai du mal à les sceller, à les agrafer, ou les coller. Je n'aime pas les choses définitives, les choix qui éliminent
d'autres possibilités.
Je regarde cette pile orgueilleuse de chagrins disséqués. Personne ne doit savoir. Je ne veux pas qu'on lise à travers moi, dans ces 5 enveloppes, il y a les clefs de toute ma vie jusqu'alors.
Certaines choses doivent rester secrètes, c'est pour cela que je vais sur des tchats anonymes pour hurler mes vérités, le poids des secrets à des milliers d'inconnus. Voilà, je nourris la masse, je
confesse tout. Je dis tout à tout le monde, je ne dis rien à personne.
Je crois que les choses sont claires désormais.
Non seulement je suis folle, mais en plus, je t'emmerde. J'aurai du y penser plus tôt, avant de devenir cette petite chose assistée qui demande de l'aide sans arrêt, qui pleurniche et qui casse les
pieds.
Bon.
Je dois avouer que j'ai du mal à digérer, j'aurai aimé te revoir une dernière fois. Je sais que rien ne se produira si je ne fais rien. Mais je n'ai pas certitude inverse non plus.
Alors je fais quoi? Je laisse le temps passer?
Si le temps passe, tu ne feras qu'oublier davantage. Moi aussi, sans doute et cette idée m'est insupportable. Je suis une manipulatrice, tu sais. Et là, visiblement, tu plombes mon jeu parce que tu
ne me laisses pas mener à bien ma partie.
Connard si je t'oublie je vais être vraiment très seule et avoir froid.
J'en viens à me demander si tu ne mentais pas toi aussi dès le départ, à jouer les bons sentiments, à plaider le dévouement. Si au fond je ne te faisais pas chier. Je ne supporte pas qu'on me
mente. J'aurai été élevée autrement, j'aurai sans doute pu, mais vu mon historique, le mensonge m'est insupportable.
J'ai envie de te le demander, de but en blanc. Je te promets que je supporte tellement mieux les attaques frontales que les biaiseries. Vas-y balance, j'ai pas peur, j'aurai pas mal.
Ca n'était quand même pas l'impression que j'avais, tout le monde s'accordait pour dire l'inverse, que je ne te faisais pas chier, du tout. Toi même, tu ne te conduisais pas comme un exaspéré qui
subit. J'ai fais très attention, j'aurai sauté sur la moindre allusion, et j'aurai compris.
Rien. Ami, confident, clown, tout. Puis rien. Si chaleureux il n'y a pas 3 mois, et puis ? Occupé, occupé, occupé.
Quand ma fierté me prend, je me dis qu'il suffit, et que j'ai assez donné, je t'ai tendu assez de perches.
Une semaine, trois messages. Et tout ce que tu dis, c'est que tu manques de temps, et encore m'a-t-il fallu passer par un intermédiaire (chose qui me répugne). Même pour un sms?
Tu connais ma crainte, qui est de te déranger. Ca n'est pas une angoisse policée que je me suis inventée, non, je suis gênée, voire timide. Tu me pousses à me faire violence. Je ne marche pas au
culot. J'arrête les frais, ça suffit, tu sais où me joindre, moi j'abdique. Mais j'ai terriblement envie de pleurer.
Alors voilà, j'ai été contrainte-forcée de répertorier mes tares, grâce à elle.
01- Je n'arrive jamais à me piffrer quelqu'un qui soit foncièrement de droite, bien que j'essaie de faire croire le contraire.
02- Je n'arrive jamais à dormir dans le noir complet, j'ai besoin de voir les choses avant de m'endormir.
03- Je n'arrive jamais à faire des choses d'ordre mathématique, je suis handicapée, je hais ça.
04- Je n'arrive jamais à travailler. C'est vrai, j'ai jamais pu apprendre un truc par coeur, et ça m'angoisse follement.
05- Je n'arrive jamais à varier mes recettes de cuisine. Je déteste cuisiner.
06- Je n'arrive jamais à être calme/sereine avant une rentrée/ un évènement nouveau.
07- Je n'arrive jamais à arrêter de juger, et je le regrette. J'épie, j'observe, je traque. C'est moche, hein.
08- Je n'arrive jamais à vivre selon des heures décentes. 3h30-12h me paraît correct. Ca ne l'est pas, dixit Mère.
09- Je n'arrive jamais à me passer de mes amis, il FAUT que je les vois, je les appelle, ... Ils me font tellement de bien.
Je vais exploser, je ne peux plus finir mon café, je vais tout annuler, je vais me cacher,
Je ne vais pas venir, c’est pas possible, je ne peux pas.
J’ai trop peur que ça ne marche pas, je ne sais pas je tremble, je suis fébrile. Comment ça se fait, comment après tout ce que j’ai dégusté ce dernier mois, comment j’ai encore la force d’y
croire ?
J’ai encore perdu du poids, je ne peux rien avaler, mon estomac est tordu, je m’étouffe, je ne peux plus respirer tu me rends malade je ne sais pas si je serai capable d’affronter ta figure, le
café me troue le ventre.
Je vais rester chez moi, j’ai trop peur, j’ai les mains moites, mon classeur glisse tout seul.
Je vais jeter ce fond de café tiède, c’est impossible j’ai peur, tu ne comprends pas, quand je dis avoir peur, c’est vrai, je me tords physiquement. J’ai mal aux paumes.
Je ne peux plus écrire. Je ne peux pas pleurer, c’est bloqué, ça tourne vite, j’comprends rien, je deviens folle.